Difficile de parler de la démarche artistique de Yannick Jaulin sans évoquer d’abord l’homme sur scène. L’homme de scène. Car c’est sur les planches – celles, auréolées de gloire des Bouffes du Nord ou du théâtre de Chaillot (et bientôt du Théâtre du Rond Point), mais aussi celles plus obscures des petites salles de la « France profonde » – que Yannick Jaulin se donne pleinement. Il y est tout entier, généreux et exigeant, à la fois drôle et torturé.

Travaillé par sa langue natale, le parlhange, patois de la Vendée d’où il est issu, Yannick Jaulin questionne son humanité : ses racines, ses doutes, ses peurs. Autant d’interrogations qui sont aussi les nôtres et qui nous touchent, nous spectateurs de l’ombre. Pour Yannick Jaulin, « la scène est l’endroit où je suis à ma vraie place ». Et c’est vrai que depuis J’ai pas fermé l’œil de la nuit, créé en 2000 et Menteur, né trois ans plus tard, le petit belou timide du fond de la Vendée qu’il fut naguère a su s’imposer sur la scène théâtrale française.