Le Dodo
(en création)TéléchargementL’allégorie du Dodo : comment survivre à son île ?
Le Dodo disparu de Maurice, importé et réanimé sur scène par Yannick Jaulin pourrait nous poser cette question : « Comment survivre en quittant son île ?», et même « comment survivre à son île ?», en considérant qu’aucun espace insulaire ne résiste plus au rouleau compresseur de la globalisation.
Incapable de se défendre face aux prédateurs débarqués sur son île, le Dodo n’est plus adapté, il est obsolète. Son identité se construit avec la prise de conscience de sa différence, comme une anomalie, une monstruosité délibérée par le regard de l’autre : « On le prendrait pour une tortue qui se serait affublée de la dépouille d’un oiseau » s’amuse Buffon…« Est-on condamné à la norme ? » pourrait aussi nous demander le Dodo, que gagne-t-on à s’y conformer, à être homologué, « stable et homogène » comme une graine commercialisable ? Sous la pression des codes, chacun se trouve confronté à la difficulté de concilier ce qu’il est avec ce qu’il essaie d’être, fantasmant une identité conforme aux exigences du monde contemporain.
La trinité Dodo : le dodo et ses deux conteurs
La schizophrénie du conteur en proie à cette crise existentielle diagnostiquée comme le « syndrome du Dodo » provoque un dédoublement mis en scène par deux personnages. Chacun incarne deux tentations opposées : Japio, le conteur patoisant, continue de raconter les mêmes histoires feignant de ne pas voir que son île a disparu ; il reste les pieds dans l'eau, bercé par la nostalgie d'un monde révolu. Joslin lui aussi est né ici, mais refusant de couler avec son île, il l'a laissée derrière lui comme un fardeau pour aller de l'avant. Il travaille dans le spectacle et rêve de réussite.
La division cellulaire du conteur confronte deux manières de raconter des histoires, ou plutôt la même histoire : celle du Dodo qui passe de main en main comme une marionnette, un doudou. Sur scène, le Dodo est un objet de projection, un alibi pour parler de soi et chercher qui l'on est.
Production : Le Beau Monde ? Cie Yannick Jaulin
Co-production : La Coursive, Scène Nationale/La Rochelle, Astérios spectacles, MC2/Grenoble, Centre culturel/Cesson-Sévigné, La Maison du Conte/Chevilly-Larue
Avec la complicité du Nombril/Pougne-Hérisson, Théâtre de Verre/ Châteaubriant et le Grand T/Nantes, Théâtre des Bergeries/Noisy-le-Sec

Écrit et joué par :
Yannick JAULIN
Mise en scène :
Laurent BRETHOME
Dramaturgie et collaborations artistiques : Charlotte FARCET, Julie PORTIER, Valérie PUECH, Antonin LOUCHARD, Hervé JOLLY et Michel LAUBU
Musique :
Camille ROCAILLEUX
Mise en son : Fabien GIRARD et Jean-Baptiste ANDRE
Mise en lumière : David DEBRINAY
Costumes : Marie-Frédérique FILLION
Régie lumières : Dominique GRIGNON et Guillaume SUZENNET
Régie générale : Laurent JAULIN