Je retombe sur ce texte écrit en 1999 pour l’écriture de J’ai pas fermé l’œil de la nuit.
« …La méthode de travail ne peut être classique. Elle se doit de respecter les caractéristiques propres de l’oralité. Il est notamment impossible de partir de textes aboutis pour tenter de les restituer au mieux au public. Durant toutes les phases de la création du spectacle, le rapport au public est essentiel. L’écriture, le jeu se nourrissent du rapport aux hommes. Jusqu’à la création, et même après, l’écriture des histoires ne cesse de se modifier. Le temps du nourrissement et de l'errance est un temps privilégié. Je voulais me donner du temps pour me perdre, pour bedasser. Avancer reculer. Je n'osais pas le faire avant. Cette fois-ci je l'ai fait alliant temps d'écriture et de collectage, collaborations multiples, anecdotiques ou approfondies, toujours nourricières. »
Je commençais à l’époque à travailler
cette méthodologie propre à un spectacle d’oralité. Elle s’affine depuis, se
précise. Ce n’est pas vraiment une écriture de plateau. Elle se fait, bien sur
par l’improvisation au plateau, improvisation nourrie par le travail à la
table. Surtout, elle avance par les fréquentations rapprochées avec le public.
Pour moi les chantiers publics sont à la fois un atelier du spectateur,
l’amenant à partager avec moi, avec l’équipe les problématiques, les
enthousiasmes, les fausses routes, mais aussi un moyen fondamental de faire
résonner les ébauches de texte et de trouver de vraies solutions. Quelque chose
de l’histoire se met à exister quand je la met en présence des gens. Parfois,
je jongle ! Vendredi dernier, j’ai « commis » la première partie
du Dodo dans un Jaulin en Scène, c’est-à-dire un récital d’histoires en
liberté. Je dois dire que hors contexte,à blanc et sans recul, c’était un poil âpre… Bon ! N’empêche que la
semaine d’avant avec l’orchestre philarmonique de Noisy c’était très bon et
très riche d’enseignements !
Le prochain chantier public à Cesson
devrait être plus en contexte.