Deux semaines à Cesson pour scanner les ébauches du texte. Nous avons pratiquement fait la traversée avec Charlotte, Julie et même Valérie venue en début de semaine. Trois regards, trois esprits penchés sur le berceau couinant du Dodo épougaillé. Je suis arrivé les deux premiers jours avec de grands doutes. J'avais cette impression déjà connue de spectacle riquiqui, sans résonance. L'entrée dans le monde des mots est souvent frustrante. Ce qu'on a en tête avant de commencer l'écriture est tellement vaste, tellement ouvert. Quand il prend corps, c'est terriblement déroutant. Soudain devant mon texte, je me disais "fausse route"...
Il a fallu le chantier public pour me rasséréner. Là devant du monde avec les mots qui rebondissent et reviennent et s'éclairent. Cette veillée en duo avec le boulanger paysan Nicolas Supiot a été passionnante. Lui a une fougue, une connaissance parfaite de son sujet : les semences paysannes. Il parle et le partage admirablement bien. J'aime ce mélange documentaire et artistique. Il donne un sens important à ces chantiers.
Après, les jours de travail m'ont semblé simple. Dégraissage de texte, pertinence, la ligne toujours la ligne et au final une lecture basique devant l'équipe de création réunie à Cesson. Depuis je digère et vois comment je vais pouvoir réinjecter du fragmenté, des errances dans ce chemin si bien balisé.
Comme dit la chanson dans Josinète, la fée du printemps "On peut pas s'en empêcher, c'est la nature !!!"