Quelle sensation de retrouver Camille Rocailleux et en une journée de débroussailler, de jeter les bases de toutes les musiques comme cela... Je raconte, lui plaque des accords, des mots, mélodie... Le mélange des deux univers trouvant leur courbe commune avec une élégance presque naturelle.
C'est le bonheur de la complicité, de cette culture commune née avec J'ai pas fermé l'oeil de la nuit et qui s'est épaissie, densifiée magnifiquement. J'adore ces moments, cette tranquillité. Camille est un artiste, un musicien assez rare. Il n'a pas besoin d'en rajouter, de se la raconter. Jamais. Faux cul plein d'humour qui va plutôt dans le sens de celui qui se la pète. Je suis admiratif, moi, petit coq parfois époumoné à force de hucher que j'existe. Lui, le sait et fait sa route sans rien rajouter.
Et le Dodo ? Il avance en musique assteur...
Une répétition publique avec 300 personnes, c'est assez imparable pour prendre conscience des manques. J'ai voulu faire la traversée complète, mettre tous les éléments du spectacle existants, avec tous les risques d'incompréhension. Réussi !
Ce chantier Dodo, avec ce public parfois revenu pour la troisième fois, rabalant plein de nouveaux, a été super de bienveillance et de curiosité.
Je suis admiratif de cela et en même temps espère que ces amis-là auront vraiment partagé cette aventure au point de se dire à la fin : "et bien moi, je n'aurais pas fait ça comme spectacle".
Pour ce qui est de mon hypothèse de spectacle personnelle, la première partie de Japiot a pris sa vitesse de croisière. L'ami Gérard Baraton, venu compléter l'équipe, a été précieux, son regard neuf, parfait.
La deuxième partie, plus elliptique, a creusé de longues rides d'interrogation au front du public. J'ai commencé à improviser le match de boxe... pas si mal.
Le jour qui a suivi la répé fut déterminant. Avec Julie Portier, incisive gardienne de la ligne, chienne de garde, nous avons tiré les morceaux de ce qui manquait de Josslin, deuxième personnage qui manquait jusqu'ici de densité. Il lui fallait ce tempérament excessif. Il lui fallait de la caricature. Elle est en train...
Il me reste un long chemin, mais les défis sont clairs et les chantiers à venir de beaux rendez-vous... J'en blerke déjà de bonheur !